Gisèle féministe et avocate militante irréductible



Portrait en noir et blanc de Gisèle Halimi tirée de sa page facebook

" Tout ce qui fait avancer les femmes fait avancer la société. " Gisèle Halimi

Par un après-midi de mai ensoleillé, je gravis les marches du palais de justice à Paris.

Je me dirige vers la chambre correctionnelle où va plaider Gisèle.

Un mot d'ordre a circulé au sein de notre groupe de femmes : " Venez nombreuses la soutenir ! "


Entrée du palais de justice à Paris

La jeune avocate défend la cause d'un étudiant tabassé par les forces de l'ordre lors d'une manif.

Regard décidé, cheveux mi-longs lissés, une femme se tient droite

face à la cour.

Gisèle énonce les droits de son client avec passion et fermeté, relève

les incohérences de la cour avec humour.

Nous sommes toutes avec Elle, sous le charme, impressionnées par

sa détermination, son assurance.

C'est ma première rencontre avec cette femme d'exception.

Je serai une femme libre

Zeiza Gisèle Élise Taïeb, voit le jour le 27 juillet 1927.

Elle nait d'une mère juive et d'un père berbère à la goulette en Tunisie.

La famille est traditionnaliste. Il faudra quinze jours pour que l'on se décide à déclarer sa naissance :

la venue d'une fille est alors considérée comme une malédiction.

Elle endosse la cause féministe très jeune.

Déjà rebelle, elle conteste son rôle de " fille servante au foyer "en menant une grève de la faim :

elle a treize ans.

Elle a gagné sa première part de liberté, elle ne fera plus le lit de son grand frère.


marteau de justice

Je serai avocate

Gisèle se passionne pour les droits des peuples et la défense des libertés fondamentales.

C'est décidé, elle sera avocate.

Après de brillantes études à la faculté de droit de Paris, elle obtient son diplôme en 1948.

Elle a tout juste la majorité : 21 ans.

Un an plus tard, elle intègre le barreau de Tunis, elle y exercera huit ans.

Les femmes viennent d'obtenir le droit de vote en 1944.

Elle rentre à Paris en 1956, la Tunisie vient d'obtenir son indépendance.

Féministe avant tout

Les militantes féministes existent depuis 1200. Ce n'est pas nouveau !

L'une des premières fut Sainte Hélène d'Anjou*.

Gisèle rejoint leurs rangs.

Son engagement pour la cause féministe prend tout son sens lors du procès de Djamila*.

Militante pour la cause algérienne, Gisèle n'hésite pas à se mobiliser pour défendre cette jeune militante

du FLN*.


couverture du livre édité chez Gallimard: Djamila Boupacha

Djamila est accusée d'avoir posé une bombe à Alger en 1959.

Elle sera torturée et violée par des parachutistes lors de sa détention.

Gisèle publie avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir " Djamila Boupacha " en 1962 : plaidoyer en faveur de la jeune femme martyrisée.

Elle mobilise l'opinion.

Demande et obtient l'appui d'une autre grande figure du féminisme : Simone Veil.

Amitié

" Il y a des féministes aujourd'hui, mais des femmes comme Simone Veil, non ! " dit Gisèle Halimi lors de son inhumation au Panthéon.

Gisèle rend hommage à cette femme rencontrée dans les années soixante.

Simone Veil est alors ministre de la santé.

L'avocate lui demande son appui pour la défense de Djamila.

Simone tiendra parole et la soutiendra dans son combat pour obtenir l'amnistie de l'accusée.

Notre avocate dénonce également les tortures en Algérie.

" Il faut différencier le procès politique et le droit commun. " déclare-t-elle.


Simone Veil

Le manifeste des salopes

Gisèle signe le manifeste des " 343 salopes ", elle a 44 ans.

Les salopes étaient les femmes les plus en vue qui affirmaient avoir choisi d'avorter.

Comme les 342 autres, Gisèle réclame le droit à l'avortement.

" La femme et la femme seule a la liberté de choisir. "

Comme Simone Veil, elle brave les insultes ordurières qui qualifient ces femmes engagées dans la lutte

pour le droit de vivre leur corps librement.

Nous sommes en 1971.

Quatre ans plus tard, la loi pour le droit à l'avortement sera votée, arrachée au parlement par la volonté d'une femme : Simone Veil.

Quant à Gisèle Halimi, elle part pour un autre et même combat.

Le procès de Bobigny, octobre et novembre 1972

Marie-Claire a 17 ans à peine.

À l'époque, la majorité est fixée à 21 ans (elle passera à dix-huit ans en 1974).

plaque apposée sur la passerelle Marie-Claire à Bobigny

Suite à un viol, la jeune femme choisit d'avorter.

C'est illégal, elle est accusée d'avoir enfreint la loi.

Un véritable procès politique s'ensuit où les différents partis s'affrontent.

Gisèle brave la vindicte des opposants et obtient la relax de sa cliente.

Marie-Claire déclare n'avoir aucun regret quant à son geste.

Ce procès a marqué les esprits. Il a divisé les français aussi violemment que l'affaire Dreyfus*.

" Le jugement est une étape décisive vers la loi du 17 janvier 1975 autorisant l'I.V.G. "

Il fera l'objet d'un film en 2006 avec Sandrine Bonnaire et Anouk Grinberg tient le rôle de Gisèle Halimi.

Retrouvez en accès gratuit en suivant le lien ci-dessous :

Le procès de Bobigny, Désobéir pour le droit d'avorter


Prises de position

Dix ans plus tard, Gisèle prend position contre la peine de mort et la dépénalisation de l'homosexualité.

Elle garde un engagement politique très fort en devenant ambassadrice à l'UNESCO et l'une des fondatrices

du mouvement ATAC.

Du haut de ses quatre-vingt-dix ans elle reste une écrivaine et une avocate engagée.


Couverture du livre de Gisèle Halimi, Le lait de l'oranger

Quelques unes de ses œuvres

- Le lait de l'oranger retrace son parcours, autobiographie de mémoire et de tendresse

- La kahina, histoire d'une reine berbère

- La cause des femmes en 1973

- Ne vous résignez plus, un parcours de luttes

* Sainte Hélène d'Anjou : a vécu au treizième siècle, s'est mobilisée pour l'éducation des filles.

* Djamila Boupacha : militante du front de libération nationale algérien, accusée d'avoir

posé une bombe à Alger en 1959

* FLN : Front de Libération Nationale -guerre d'Algérie

* L'affaire Dreyfus : à la fin du XIXème siècle l'accusation de trahison du capitaine Dreyfus a partagé

l'opinion. Ce dernier sera innocenté après des années de bagne à Cayenne.

* I.V.G : Interruption Volontaire de Grossesse.

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Clem

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